Le développement de la filière vanille est un enjeu primordial pour le développement économique de la Polynésie française. La culture de la vanille apporte des revenus à 890 producteurs et favorise le maintien de l’emploi dans les îles, la majorité des producteurs étant localisés dans l’archipel des îles sous le vent (îles de Raiatea et Tahaa + Huahine). La vanille est une production à forte valeur ajoutée. En 2013, les planteurs de vanille ont produit 30.5 tonnes de gousses de vanille mûre, pour une valeur de 168 millions de FCP et la quantité de vanille préparée exportée était de 17.5 tonnes, ce qui représente une valeur de 315 millions de FCP.

 

L’Etablissement Vanille de Tahiti étudie les causes du développement des maladies fongiques dans les ombrières et parcelles traditionnelles afin de proposer aux producteurs des pratiques culturales adaptées à leur environnement. Les principaux dégâts (baisse des rendements, mort des plants) observés sur le vanillier sont dus principalement aux champignons phytopathogènes. En effet, l’approfondissement des études sur les maladies fongiques s’est révélé nécessaire afin d’éviter les pertes de production comme celles connues actuellement dans d’autres pays (Madagascar ou Réunion) avec la Fusariose, dépérissement racinaire.

 

Emergence de la fusariose sur Vanilla ×tahitensis à Raiatea : inventaire et déterminisme épidémiologique

 

L’originalité du travail de doctorat de Mme Timeri Atuahiva tient d’une part à la formidable quantité de données qui a été collectée grâce au suivi pendant 4 années de 51 producteurs de Raiatea et d’autre part au type d’analyse réalisé ; c’est la première fois qu’une analyse de type « épidémiologie humaine » est utilisée pour étudier le développement de la fusariose. C’est une nouvelle approche en termes d’étiologie et d’épidémiologie des plantes.

 

Grace à l’analyse statistique de cet important jeu de données, des corrélations entre maladies, pratiques culturales ont pu être identifiées. Plus précisément, ces analyses ont permis d’évaluer certaines pratiques culturales comme le compost, le nettoyage par rapport au développement des maladies et ainsi déterminer les pratiques culturales à risque pour la fusariose.

 

En complément de ce travail d’enquête, une identification rigoureuse et précise du pathogène responsable de la fusariose du vanillier a été réalisée. L’ensemble du travail de thèse de Mme Timeri Atuahiva représente une contribution majeure et originale à la connaissance de la fusariose du vanillier de Tahiti. De ce travail, émanent des applications stratégiques à court et moyen terme pour le développement de la production de notre or noir:
A court terme Les perspectives de ce travail seront de tenter de relier les pratiques avec l'état sanitaire des exploitations.
A long terme : Cette étude sur l’origine des symptômes de dépérissement de la vanille et les recommandations vont être stratégiques pour proposer des recommandations qui limiteront l’incidence de la maladie au plus près de zéro ce qui permettra de relancer la filière de production de vanille de grande qualité en Polynésie.

 

C’est devant un jury international que Mme Timeri Atuahiva soutiendra sa thèse le jeudi 19 février 2015 à 8h30 à la salle de réunion de l’ESPE (Enseignement Supérieur des Professorats des Ecoles), campus UPF à Punaauia – Tahiti. Le jury est composé de :
- Dr Michel Grisoni (Rapporteur), Phytopathologiste CIRAD UMR 53 PVBMT “peuplements végétaux et bioagresseurs en milieu tropical”, Cirad-Université de la Réunion ;
- Dr Edward C Y Liew (Rapporteur), Manager Plant Pathology Science and Conservation, Royal Botanic Garden Sydney;
- Pr Christine Dillmann (Examinateur), Professeur à l’Université de Paris Sud, UMR de Génétique Végétale INRA/CNRS/Univ Paris Sud /AgroParisTech ;
- Dr Phila Bianchini (Examinateur), Professeur à l’Université de Polynésie française
- Dr Tea Frogier (Examinateur), Ministre du travail et du dialogue social, de l’emploi, de la formation professionnelle, de la recherche et de la condition féminine;
- Pr Michel DRON (Directeur de thèse), Professeur en Biologie et Pathologie des plantes à l’Université Paris Sud et Directeur de l’Institut de Biologie des Plantes.
- Dr Ivan Sache (Co-Directeur de thèse), Professeur, AgroParisTech.
 

C’est la 3ème thèse réalisée au laboratoire de l’Etablissement Vanille de Tahiti, consolidant ainsi sa reconnaissance scientifique au niveau local et international dans le domaine de la recherche sur la vanille.

2015 05 La depeche de Tahiti 190215