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Prix gousse vanille Tahiti : l’état des lieux
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Auteur

Olivier SEO
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Date de l'article

10/07/2021

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En premier lieu, un tassement sur le marché de la gousse de vanille se constate depuis quelques temps. Ainsi, la production stagne alors que le prix de la gousse de vanille de Tahiti flambe.

Analyse d’une situation.

Une qualité qui ne se dément pas

Tout d’abord, il faut souligner que la vanille de Tahiti occupe toujours la première marche du podium en termes de qualité. Sans cesse comparée à la vanille Bourbon, la gousse de vanille de Tahiti se révèle plus fruitée, plus odorante. Avec un prix de gousse de vanille en constante progression depuis plusieurs années, cette production Tahitienne est qualifiée aujourd’hui de « vanille de luxe ».

Le prix de la gousse de vanille correspond bien évidemment à sa rareté. Si le coût augmente d’année en année, la production en devient plus difficile et chute de manière inexorable.

prix gousse vanille Tahiti

Pour mieux comprendre, voici quelques chiffres éloquents.

Dans les années 60, la production de vanille de Tahiti avoisinait les 200 ou 300 tonnes chaque année. En 2017, l’Institut d’Emission d’Outre-Mer (IEOM) comptabilisait 20 tonnes de gousses de vanilles produites.

Les mesures prises pour relancer la production

Le prix de la gousse de vanille a pourtant subit de nombreuses hausses tout au long de ces dernières années. Ainsi, le kilo se vendait 17 600 F le kilo en 2009 pour atteindre 53 133 F en 2018. Toujours en considérant ces mêmes années, la vanille de Tahiti rapportait 198 millions de F en 2009 contre 666 millions de F en 2018.

Il faut également souligner que la concurrence rude (vanille Bourbon qui représente 95% du marché mondial aujourd’hui) et les produits de remplacement (vanille de synthèse) ont mis à mal la production de vanille Tahitienne.

En 2018, la Polynésie française a présenté une réforme et fixer de nouveaux objectifs pour relancer la croissance du marché de la vanille. Entre autres mesures, de nouveaux kits d’ombrières vont être installés à concurrence de 11 hectares. De la même manière, la demande pour obtenir l’Appellation d’Origine Protégée suit toujours son cours.

Revenons maintenant sur la production de la vanille de Tahiti depuis son arrivée sur l’archipel.

De 1848 à 1935

En 1848, les premiers plants de vanille arrivent sur les îles de Polynésie française. Cependant, il va falloir attendre l’année 1883 avant d’avoir les premiers chiffres de production. Seulement 11 tonnes produites cette année-là. Ensuite, l’impasse est faite de 1884 à 1890 inclus. En 1891, les carnets de bord font état de 73 tonnes.

Les chiffres s’arrêtent à cette époque pour reprendre en 1915. La production de cet exercice permet de voir que la capacité de production existe bel et bien sous nos latitudes. 163 tonnes. Jusqu’en 1922, la production de la vanille de Tahiti ne faiblit pas avec quelques belles années (166 tonnes en 1917, 182 tonnes en 1919). 1922 reste la dernière année d’une production qui se chiffre en centaines de tonnes avec 172 182 kilogrammes.

Pendant 10 ans, de 1923 à 1933, la culture de la vanille de Tahiti restera au-dessous des 100 tonnes avec quelques années hautes (1924 avec 85 tonnes, 1927 avec 81 tonnes). En 1934, la production redémarre avec 102 tonnes produites, mais rechute dès l’année suivante (87 tonnes en 1935).

De 1935 à nos jours

Les quatre années suivantes voient monter la production de manière linéaire : 94 tonnes en 1936, 106 tonnes en 1937, 124 tonnes en 1938 et 206 tonnes en 1939. Les événements historiques qui suivirent mirent le suivi de la production de vanille de Tahiti entre parenthèse durant les années 1940, 1941 et 1942. En 1943, les récoltes augmentant avec 109 tonnes puis 130 tonnes en 1944.

Durant une époque particulièrement bouleversée, entre 1945 et 1948, aucune donnée n’ a été relevée. En 1949, la production de la vanille en Polynésie française donne des signes encourageants avec 300 tonnes de gousses produites. Il semblerait qu’ensuite, pendant plus de 15 ans et sur d’autres périodes très longues, le sujet ait été mis de côté. Il faudra attendre l’année 1967 pour avoir un chiffre (132 tonnes), puis 1977 avec seulement 10 tonnes.

Les chiffres deviennent sporadiques et témoignent d’un abandon quasi total de la culture de la vanille à Tahiti. Les derniers chiffres sont éloquents. 5 tonnes en 1999, 17,5 tonnes en 2003 et 21 tonnes en 2006.

Il y aura à nouveau une période floue avec aucun chiffre remonté jusqu’en 2010.

Qualité et type de gousse de vanille

Le prix de la gousse de vanille de Tahiti dépend aussi de sa qualité. Pour calculer son prix de vente, il existe 3 catégories.

La qualité « Extra »

Il s’agit d’une gousse de vanille présentée entière, sans marque et non fendue. Sa taille doit dépasser les 16 cm et son taux d’humidité doit être compris entre 45 et 55% (50% +/- 10%).

Les 1ere et 2ème catégories

Il s’agit de gousse de vanille non fendue d’une taille minimale de 10 cm qui peut montrer quelques marques. Le taux d’humidité doit être compris entre 35 et 45% pour la première catégorie. En revanche, le taux d’humidité concernant la seconde catégorie doit rester inférieur à 35%.

Morceaux de gousses (Cuts)

Pour cette dernière catégorie, la gousse est acceptée fendue. Sa taille peut être en dessous de 10 cm avec un taux d’humidité sous la barre des 30%.

Les 3 sortes de vanille du marché

Voici 3 états de la gousse de vanille de Tahiti.

La gousse verte

La gousse de vanille n’a pas encore mûrie. Son taux d’humidité est de 80 à 85%.

La gousse de vanille mûre

Pour rappel, la gousse reste sur le vanillier lors de son murissement. Elle ne s’ouvre pas sous l’effet de cette maturation. De couleur jaune puis brune, cette gousse de vanille abrite de 75% à 80% d’eau.

La gousse de vanille préparée

Sa couleur varie du brun au noir en passant par le marron foncé. Ces gousses de vanilles sont dites « préparées » car elles ont été mises à sécher au soleil pour faire baisser leur taux d’humidité. Ce type de vanille peut être commercialisé.

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