On ne parle que très peu de la vanille en Ouganda. Pourtant, ce pays est rapidement devenu le troisième producteur mondial. Il se place après la vanille de Madagascar et la vanille produite en Indonésie.
Aujourd’hui, la production annuelle de vanille en Ouganda représente environ 200 tonnes de vanille transformée.
Développement de la vanille en Ouganda
Les premiers plants de vanille arrivent en Ouganda dans les années 90. Ils sont implantés plutôt au centre du pays, dans les régions de Mukono, Wakiso et Masaka.
Il faut bien souligner que le climat chaud et humide de la région se prête plutôt bien à la culture de la vanille. Une température ambiante comprise entre 20 et 30° et des pluies régulières créent cette ambiance tropicale nécessaire à la culture de la vanille.
Quelle variété de vanille a été sélectionnée pour devenir la vanille d’Ouganda ? Il s’agit de la vanille Planifolia que l’on retrouve également à Bali, à Zanzibar, à St Philippe et à Mayotte.
La vanille ougandaise séduit d’emblée avec son taux de vanilline hors norme, (>2%) et qui dépasse parfois celui de la vanille Bourbon.
Les gousses de vanille d’Ouganda, plutôt courtes, offrent un aspect charnu. Les aromes qui s’en échappent évoluent entre notes florales et épicées.
La production et son impact économique et social
Comme pour les autres vanilles du reste du monde (vanille de Guyane), la culture de la vanille d’Ouganda demande un savoir-faire unique, aiguisé par des décennies de tradition.
Les plants de vanille sont fixés sur des tuteurs placés à l’ombre, nichés dans des caféiers ou des bananiers. A l’identique des autres vanilles cultivées dans des régions où la variété de l’abeille chargée de la pollinisation n’existe pas, le « mariage » s’exécute à la main selon un procédé rigoureux.
Pour finir, les gousses subissent le même traitement qu’à Tahiti à savoir, échaudage, sudation, séchage et conditionnement, le tout étalé sur plusieurs mois.
Côté gain de productivité, il faut savoir que la vanille d’Ouganda peut générer environ 15 000 dollars de chiffre d’affaires pour une exploitation ne dépassant pas un hectare. Ce montant représente près de 50 fois le revenu moyen local.
La vanille d’Ouganda occupe près de 20 000 exploitants. Des coopératives se sont organisées autour de la culture de la vanille. Elles offrent ainsi un accompagnement unique :
- Formation technique
- Financement
- Débouchés commerciaux garantis
Perspectives et exportation sur les marchés internationaux
Comme pour beaucoup d’autres exploitations de vanille de par le monde, la vanille d’Ouganda doit faire face à des défis importants.
En premier lieu, les conditions climatiques aléatoires, les prix de vente très tendus sur un marché international qui ne l’est pas moins affectent la production. Les maladies encore difficiles à éradiquer viennent aussi affaiblir l’ensemble. De plus, certains producteurs doivent faire face à des vols de gousses dont la valeur marchande est maintenant bien connue.
Les mesures de sécurité pour empêcher cela deviennent coûteuses.
Pour autant, la plupart des exploitants continuent de se battre pour exporter leur production en Europe et sur le continent nord-américain. Les marchés visés font partie des secteurs agroalimentaires et cosmétiques.
La qualité constante et la traçabilité de la vanille d’Ouganda demeurent un vrai plus, fort apprécié des clients.
Véritable culture de niche en Afrique, la vanille d’Ouganda participe à l’économie du pays et parvient malgré tout à positionner un pays africain sur un marché complexe où les acteurs restent nombreux.
